Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Antonio Pigafetta, Relation du premier voyage autour du monde (v. 1524)
Pendant que les Dieppois descendent vers le Cap, le souvenir du tour du monde de Magellan est encore tout frais. Pigafetta, gentilhomme vicentin embarqué par curiosité, en a rapporté le seul récit complet. Il a vu mourir Magellan aux Philippines, traversé l'archipel des épices, ramené en Espagne dix-huit survivants d'une flotte de cinq navires. Sa relation, écrite à la même époque que le journal de Crignon, raconte les mêmes mers d'Insulinde, les mêmes îles à poivre et à girofle, mais par l'autre route, celle de l'occident. Deux carnets se répondent ainsi d'un bout du monde à l'autre, écrits par deux marins lettrés que la mer a rendus attentifs.
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Willem Schouten et Jacob Le Maire, Journal ou description du merveilleux voyage de Guillaume Schouten (1618)
Pour échapper au monopole de la Compagnie, qui seule peut emprunter le détroit de Magellan, des marchands de Hoorn cherchent un autre passage. En 1616, Jacob Le Maire et Willem Schouten découvrent le détroit qui porte le nom du premier, puis doublent un cap qu'ils baptisent Hoorn. Ils traversent ensuite le Pacifique par des îles que Van Noort n'a pas vues, Tuamotu, Tonga, Nouvelle-Irlande, avant d'arriver à Java, où la Compagnie confisque leur navire. Lu après le journal de 1598, ce récit montre à quelle vitesse la Hollande apprend le Pacifique : en vingt ans, la mer qui avait failli engloutir Van Noort devient une route connue.
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Joris van Spilbergen, Speculum Orientalis Occidentalisque Indiae Navigationum (1619)
Quinze ans après Van Noort, Joris van Spilbergen reprend sa route pour le compte de la Compagnie des Indes orientales. Parti en 1614 avec six navires, il franchit le détroit de Magellan, longe le Chili, écrase une escadre espagnole au large du Pérou en 1615, rançonne Paita, négocie à Acapulco, puis traverse le Pacifique vers les Philippines et les Moluques. Son récit, publié en 1619 avec celui de Le Maire et Schouten, se lit comme une version réussie du premier : même itinéraire, mêmes ennemis, mêmes ports, mais une flotte d'État mieux armée, qui fait de la mer du Sud un théâtre régulier de la guerre hollandaise contre l'Espagne.
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Abel Tasman, Journal de voyage (1643)
En 1643, le navigateur hollandais aborde le premier les îles qu'il nomme Amsterdam et Middelbourg, soit Tongatapu et Eua, cent trente-quatre ans avant Cook. Son journal, bref et méfiant, note le troc, les pirogues, la douceur trompeuse de l'accueil. Le relire avant ce tome, c'est prendre la mesure de ce que Cook trouve inchangé et de ce qu'il comprend en plus : là où Tasman ne voyait qu'une côte accueillante, Cook démêle une royauté, un tabou, un empire d'îles.
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William Dampier, A Continuation of a Voyage to New Holland (1699-1700)
Cinquante-six ans après Tasman, l'ancien boucanier William Dampier commande pour l'Amirauté anglaise un navire vermoulu, le Roebuck, et reprend la côte de Nouvelle-Guinée. Là où Tasman avait cru suivre un seul rivage continu, Dampier découvre un passage et baptise Nova Britannia la terre qu'il en sépare. Il observe les volcans, les pirogues, les villages, avec une curiosité de naturaliste que le journal du commandeur hollandais n'avait pas. Les deux récits se répondent : Tasman longe une côte qu'il croit unique, Dampier découvre que c'est un archipel, et la carte de la Mélanésie commence à prendre sa forme moderne.
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William Dampier, Voyage à la Nouvelle-Hollande (1703)
Soixante-dix ans avant Cook, un ancien flibustier devenu explorateur avait été le premier Anglais à décrire la Nouvelle-Hollande, touchant sa côte ouest en 1699. Dampier n'y vit qu'une terre aride et des habitants qu'il jugea misérables, et repartit sans soupçonner l'immensité du continent. Lire sa relation en regard de celle de Cook, c'est mesurer le chemin parcouru en trois générations : l'un aborde par hasard un rivage rebutant, l'autre lève méthodiquement toute une côte et lui donne un nom. Le même pays, vu par deux âges de la navigation.
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Richard Walter, A Voyage Round the World in the Years 1740-1744 by George Anson (1748)
Un siècle et demi plus tard, une escadre anglaise refait le parcours de Van Noort avec la même ambition : piller la côte espagnole du Pacifique et intercepter l'or de Manille. Le récit officiel de l'expédition de George Anson raconte le cap Horn dans la tempête, le scorbut qui tue des centaines d'hommes, l'escale de Juan Fernández, le sac de Paita, la traversée vers Guam, puis la prise du galion de Manille au large des Philippines en 1743. Un seul navire revient, chargé d'argent. Les ressemblances avec le journal de 1598 sont frappantes : même mer, mêmes ennemis, même hécatombe, mais cette fois un butin à la hauteur des pertes.
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Richard Walter, A Voyage Round the World by George Anson (1748)
Trente ans plus tard, l'escadre du commodore Anson refait presque la route du Duke. Partie en 1740, décimée par le scorbut au passage du cap Horn, elle se refait à Juan Fernández, où les marins trouvent des chèvres aux oreilles fendues qu'ils rattachent à Selkirk. Elle pille Paita, guette en vain le galion au large du Mexique, puis s'empare en 1743 de la Covadonga près des Philippines. Le récit, publié en 1748 sous le nom du chapelain Richard Walter, devient un grand succès de librairie. Il montre ce que la guerre navale a fait du modèle corsaire de Rogers.
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James Cook, Journal du premier voyage autour du monde (1768-1771)
En octobre 1769, Cook atteint la Nouvelle-Zélande avec la carte de Tasman sous les yeux : un trait de côte inachevé, une baie sanglante, un cap Maria van Diemen. En six mois, l'Endeavour fait le tour complet des deux îles et prouve qu'elles ne tiennent à aucun continent austral. Cook garde le nom de cap Maria van Diemen, passe en vue des Trois Rois, entre dans le détroit que Tasman avait pris pour une baie. Son journal est la suite et la correction de celui-ci : le même océan, les mêmes Maoris, mais un siècle et quart plus tard, et cette fois une carte entière.
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Jean de Surville, Journal du voyage du Saint-Jean-Baptiste (1769-1770)
En décembre 1769, un navire marchand français cherchait lui aussi une terre dans le Pacifique et longeait la côte nord de la Nouvelle-Zélande. Cook et de Surville passèrent à quelques dizaines de lieues l'un de l'autre, dans la même tempête, sans jamais se voir. Le journal du Français, longtemps oublié, raconte l'autre visage de cet instant : un équipage rongé par le scorbut, une relâche tendue avec les Maoris, un otage emmené de force. Lire ces pages en regard du journal de Cook, c'est saisir combien la découverte tenait au hasard des routes et des vents.
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Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde par la frégate du Roi La Boudeuse et la flûte L'Étoile (1771)
Premier tour du monde officiel de la marine française, l'expédition de Bougainville passe près de deux mois dans le détroit de Magellan, de décembre 1767 à janvier 1768. Ses pages sur les baies abritées, les vents qui s'engouffrent, les forêts sombres et les Fuégiens rencontrés au bord de l'eau répondent directement aux semaines d'attente et de tempête que raconte Van Noort. Puis viennent Tahiti, les Moluques et Batavia, où les Hollandais tiennent désormais l'empire que la flotte de 1598 cherchait encore. Entre les deux livres, le ton a changé : l'aventurier pillard a fait place au savant et au philosophe, mais le détroit, lui, n'a pas changé.
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Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde (1771)
Six ans avant que Cook ne relâche à Tahiti, le Français Bougainville y avait planté son pavillon et rebaptisé l'île Nouvelle-Cythère. Son récit, publié en 1771, invente pour l'Europe le mythe du paradis océanien : îles parfumées, accueil des femmes, hommes libres et heureux. Là où Cook observe, compte et doute, Bougainville s'enflamme et rêve. Lire les deux côte à côte, c'est voir naître sous nos yeux deux manières opposées de raconter le Pacifique, l'une savante et prudente, l'autre lyrique, et comprendre pourquoi Tahiti est entrée si vite dans l'imaginaire des philosophes des Lumières.
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Pierre Sonnerat, Voyage à la Nouvelle-Guinée (1771-1772)
Naturaliste et dessinateur, Sonnerat parcourt en 1771 et 1772 les îles de la mer des Indes et les côtes de la Nouvelle-Guinée, herborisant, croquant oiseaux et coutumes, mêlant à ses observations sa part de fables. Contemporain exact des îles des Amis de Cook, il donne à voir un autre Pacifique, plus occidental, où l'Europe commence à peine à démêler le vrai du merveilleux. À le lire, on mesure ce que la méthode d'Anderson, sobre et vérifiée, apporte de neuf au regard sur ces mers.
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Julien Crozet, Nouveau voyage à la mer du Sud (1771-1773)
En mars 1772, les navires de Marion Dufresne mouillent dans une baie de la côte est de la Terre de Van Diemen, non loin du point où le charpentier de Tasman avait planté son poteau. Les Français voient enfin les habitants que Tasman n'avait qu'entendus, et la rencontre tourne mal. Quelques mois plus tard, en Nouvelle-Zélande, Marion et une partie de ses hommes sont tués par des Maoris. Le second, Julien Crozet, ramène l'expédition et confie son récit à l'abbé Rochon, qui le publie en 1783. Une même ligne de rencontres manquées court ainsi de la baie des Meurtriers à la baie des Îles.
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Marc-Joseph Marion du Fresne, Relation du voyage (1772)
Deux ans après Cook, un autre navigateur français jeta l'ancre dans la baie des Îles, ces rivages mêmes que l'Endeavour venait de longer. L'escale, d'abord cordiale, s'acheva dans le sang : Marion du Fresne et une partie de ses hommes furent tués par les Maoris qu'ils croyaient amis. La relation de ce voyage éclaire d'une lumière crue ce que le journal de Cook laisse deviner : la fragilité des premiers contacts, où un malentendu suffisait à faire basculer l'hospitalité en guerre.
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John Hawkesworth, Relation des voyages entrepris pour faire des découvertes dans l'hémisphère méridional (1773)
Deux ans avant l'Endeavour, un autre navire anglais, le Dolphin, avait touché Tahiti et en avait rapporté la nouvelle qui décida de l'escale de Cook. La grande compilation de Hawkesworth, parue en 1773, rassemble ces expéditions de Byron, Wallis et Carteret dans le Pacifique. On y lit la découverte de Tahiti telle que la Royal Navy la connut d'abord, ce Dolphin dont le journal de Cook garde partout le souvenir. C'est l'avant-scène des mers du Sud, juste avant que l'Endeavour n'en fasse le tour.
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Sydney Parkinson, A Journal of a Voyage to the South Seas (1773)
Dessinateur du premier voyage de Cook, mort en mer avant le retour, Parkinson a laissé un journal publié en 1773 par sa famille. On y suit l'Endeavour le long des mêmes côtes néo-zélandaises et australiennes que Cook venait de révéler. Le ton est celui d'un jeune homme émerveillé et scrupuleux, qui note les mots des langues rencontrées et croque plantes et visages. C'est le premier regard européen prolongé sur ces rivages, celui qui a préparé le terrain du deuxième voyage raconté ici.
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John Ledyard, Journal du dernier voyage du capitaine Cook (1776-1780)
Un caporal américain des soldats de marine se trouvait à Kealakekua ce matin-là. Rentré chez lui, Ledyard publia à Hartford, en 1783, un récit du voyage qui devança de plus d'un an l'édition officielle et raconta la mort de Cook sans passer par l'Amirauté. Le ton est libre, parfois emprunté à d'autres, et le jugement sévère sur la conduite des officiers. C'est le premier contrepoint au texte que l'on vient de lire : deux hommes, la même plage, le même quart d'heure, et deux versions dont la comparaison a occupé les historiens depuis.
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Georg Forster, Voyage autour du monde (1777)
Embarqué à dix-sept ans sur la Resolution aux côtés de son père, le jeune Forster a vécu exactement les scènes que raconte Cook, mais il en donne une version tout autre : sensible, colorée, attentive aux gens plus qu'aux relèvements. Publié en 1777, la même année que le récit officiel, son livre est le contrechamp intime du nôtre. On y retrouve les îles des Amis, le cannibalisme maori, l'île de Pâques, mais vus par un adolescent cultivé qui deviendra l'un des grands prosateurs allemands. Le double regard, celui du capitaine et celui du passager, éclaire tout le voyage.
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Jean-François de La Pérouse, Voyage autour du monde (1785-1788)
Dix ans après Cook, La Pérouse traverse les mêmes eaux, relâche aux îles des Navigateurs voisines, et y perd son second dans un guet-apens qui répond, comme un écho sinistre, à toutes les amitiés fastueuses de ce tome. Son récit, sauvé du naufrage final par des copies expédiées à temps, montre le revers de la médaille polynésienne : la même mer, les mêmes chefs magnifiques, et la violence que Cook a côtoyée sans toujours la voir venir.
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William Bligh, A Voyage to the South Sea (1787-1789)
Bligh apprit son métier de navigateur auprès de Cook, dont il fut le maître au troisième voyage. En 1788, il revient à Matavai chercher des arbres à pain et y passe cinq mois. Ce que Cook n'avait qu'entrevu, la lente corrosion des équipages par la douceur des îles, éclate ici en mutinerie. Le même mouillage, le même chef Otoo devenu plus puissant, la même méthode nautique, et une catastrophe humaine que Cook avait redoutée sans jamais la subir.
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James Morrison, Journal de bord de la Bounty et Mémoire sur Tahiti (1789-1792)
Le maître d'équipage de la Bounty, resté à Tahiti après la mutinerie de 1789, y vit près de deux ans avant d'être capturé, condamné, puis gracié. Son mémoire, écrit en prison, est la description la plus détaillée que l'on ait de la société tahitienne avant sa conversion : les arioi, les morai, le maro royal, les guerres de district, tout ce que Cook n'apercevait qu'en visiteur. Il éclaire de l'intérieur les chapitres d'Anderson, douze ans plus tard, sur les mêmes îles.
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William Bligh, Relation de l'enlèvement du navire le Bounty (1790)
Dix-huit ans après l'Endeavour, chassé de son bord par la révolte, le lieutenant Bligh accomplit dans une simple chaloupe l'une des plus extraordinaires traversées de l'histoire de la mer. Sa route recoupe presque exactement celle de Cook : le détroit qui sépare la Nouvelle-Hollande de la Nouvelle-Guinée, puis Timor, où lui aussi arrive épuisé et affamé. Ancien élève de Cook, dont il avait été le maître au dernier voyage, Bligh applique les leçons de son maître à survivre. Deux récits de la même mer semée de récifs, à quelques années d'écart.
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Jacques-Julien Houtou de Labillardière, Relation du voyage à la recherche de La Pérouse (1791-1794)
Envoyé avec Bruni d'Entrecasteaux à la recherche de La Pérouse, le botaniste Labillardière refait presque pas à pas une partie de la route de Tasman. Il herborise en Tasmanie, où les Français nouent cette fois des échanges paisibles avec les habitants, puis séjourne à Tongatapu, l'île d'Amsterdam du journal, et longe la Nouvelle-Irlande. Là où Tasman notait des porcs, des cocos et des pirogues, Labillardière décrit des plantes, des outils, des danses, des visages. Son récit, publié en 1800, est l'un des plus vivants de l'âge des expéditions savantes, et montre ce que les mêmes rivages deviennent sous le regard d'un naturaliste.
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James Wilson, A Missionary Voyage to the Southern Pacific Ocean, Performed in the Years 1796, 1797, 1798, in the Ship Duff (1796-1798)
Cinq ans après le Providence, le Duff, affrété par la London Missionary Society et commandé par James Wilson, jette l'ancre à Matavai le 5 mars 1797. Il y débarque les premiers missionnaires protestants de Tahiti, accueillis par la famille même que Bligh a fréquentée, Tynah, devenu Pomare, et son fils Otoo. Le récit, publié en 1799, décrit les marae, les cérémonies et la vie de Matavai avec des yeux de pasteurs. On y retrouve les lieux et les personnages du journal de Bligh, au seuil d'un bouleversement que celui-ci ne pouvait prévoir : la conversion de l'île.
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Jean-François de Lapérouse, Voyage autour du monde (1797)
Quinze ans après Cook, la France envoie à son tour deux navires reconnaître le Pacifique. Lapérouse suit une part des routes de l'Endeavour, salue partout la mémoire du grand marin anglais, puis disparaît corps et biens à Vanikoro. Son journal, sauvé et publié en 1797, referme l'âge héroïque des découvertes océaniennes comme le journal de Cook l'avait ouvert. Le lecteur y retrouve les mêmes îles, déjà changées par le passage des Européens, et cette obsession des Lumières de tout cartographier avant de mourir.
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François Péron, Voyage de découvertes aux terres australes (1800-1804)
Au moment même où Flinders longe la côte sud, l'expédition française de Nicolas Baudin explore les mêmes rivages en venant de l'est. Le 8 avril 1802, le Géographe croise l'Investigator dans une baie que Flinders nomme Encounter Bay, la baie de la Rencontre. Le naturaliste François Péron rédige le récit officiel, dont le premier volume paraît en 1807 et que Louis de Freycinet achève après sa mort. Les cartes françaises y baptisent Terre Napoléon une partie de la côte que Flinders venait de relever, ce qui nourrit une longue querelle de priorité. Le Géographe relâche à son tour à King George Sound au début de 1803.
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François Péron et Louis de Freycinet, Voyage de découvertes aux terres australes (1800-1804)
C'est le récit d'en face : celui de l'expédition de Nicolas Baudin, que Flinders croise le 8 avril 1802 à la baie de la Rencontre. Le naturaliste François Péron y raconte la navigation du Géographe et du Naturaliste le long des mêmes côtes, puis l'escale de Port Jackson où les deux équipages se retrouvent. Mais le premier volume, paru en 1807, rebaptise les découvertes de Flinders : la côte sud devient Terre Napoléon, l'île des Kangourous île Decrès. Flinders, alors prisonnier à l'île de France, s'en indignera dans son propre livre. Lire les deux ensemble, c'est voir la même côte par des yeux rivaux.
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John Martin, Récit de William Mariner aux îles Tonga (1806-1810)
En 1806, un mousse anglais nommé William Mariner survit au massacre de son navire et vit quatre ans parmi les Tongiens, adopté par un chef, apprenant la langue et les guerres de l'archipel. Dicté au docteur Martin, son témoignage est le plus intime que l'on ait de cette société de l'intérieur. Il éclaire, mieux qu'aucun autre, ce que Cook n'a pu qu'entrevoir de l'extérieur : le sens du tabou, la place du roi sacré, la logique des fêtes que ce tome décrit avec émerveillement.
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William Mariner et John Martin, An Account of the Natives of the Tonga Islands (1806-1810)
En 1806, le navire anglais Port-au-Prince est pris par les insulaires aux Ha'apai, entre Tongatapu et Nomuka. Le jeune William Mariner, épargné, est adopté par le chef Finau et vit quatre ans parmi les Tongiens, dont il apprend la langue, les guerres et les cérémonies. De retour à Londres, il dicte ses souvenirs au médecin John Martin, qui les publie en 1817. Tasman n'avait vu les Tonga que depuis son pont et ses chaloupes, le temps d'un troc ; Mariner les raconte de l'intérieur. Les deux livres encadrent un siècle et demi de contacts entre les Tongiens et les Européens.
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Archibald Campbell, Voyage autour du monde (1809-1810)
Trente ans après le drame, un matelot écossais naufragé et amputé des deux pieds échoue à Hawaï et y passe treize mois, de 1809 à 1810, sous la protection du roi Kamehameha, le Maiha-Maiha de ce tome. Il vit à Honolulu, tisse de la voile pour le souverain, observe une cour où le fer, les navires et les mousquets ont tout changé, et où l'ancien ordre des chefs tient encore. Aucun autre livre ne montre aussi bien ce que devint, en une génération d'homme, le monde décrit dans les derniers chapitres de ce volume.
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William Ellis, Polynesian Researches, during a Residence of Nearly Six Years in the South Sea Islands (1817-1822)
Missionnaire arrivé dans les îles de la Société en 1817, Ellis y reste plusieurs années avant de partir pour Hawaï. Ses Polynesian Researches, publiées en 1829, sont une somme sur les croyances, les arts, les généalogies et la guerre des Tahitiens, recueillie au moment où l'ancien ordre disparaît sous l'effet de la conversion des Pomare. Le lecteur de Bligh y retrouve le marae, le maro ura, les rangs des chefs et les funérailles qu'il décrivait en 1792, cette fois expliqués de l'intérieur par un homme qui parle la langue, mais déjà au passé.
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Phillip Parker King, Narrative of a Survey of the Intertropical and Western Coasts of Australia (1818-1822)
Seize ans après Flinders, le lieutenant Phillip Parker King, fils d'un ancien gouverneur de Nouvelle-Galles du Sud, reçoit la mission d'achever le relevé des côtes que l'Investigator, trop délabré, avait dû laisser inachevé. Avec le petit cutter Mermaid et le botaniste Allan Cunningham, il mouille en janvier 1818 à King George Sound. Il y cherche en vain la bouteille que Flinders avait laissée avec le récit de son passage, non pour l'emporter mais pour y ajouter quelques lignes, et constate, carte en main, la justesse des relevés de son prédécesseur. Son récit, publié en 1827, se poursuit vers les côtes tropicales du nord et de l'ouest, mais garde Flinders pour modèle constant.
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Phillip Parker King, Relation d'une reconnaissance des côtes intertropicales et occidentales de l'Australie (1818-1822)
Fils du gouverneur Philip Gidley King, celui-là même qui arme les navires de secours pour les naufragés du récif, Phillip Parker King reprend l'œuvre de Flinders là où la captivité l'avait interrompue. Entre 1817 et 1822, sur le petit cotre Mermaid puis sur le Bathurst, il relève les côtes nord et ouest que l'Investigator, trop pourri, n'avait pu achever, et franchit à son tour le détroit de Torres. Sa relation, publiée en 1827, cite souvent son prédécesseur et corrige ses cartes avec respect. On y retrouve les mêmes récifs, les mêmes marées traîtresses, et la même patience d'hydrographe.
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Jacques Arago, Promenade autour du monde (1819)
Dessinateur de l'expédition Freycinet, Arago débarque à Hawaï en août 1819, quelques semaines après la mort de Kamehameha et quelques mois avant que son fils ne renverse publiquement la loi du tabou. Il assiste donc au dernier été de l'ordre dont King avait, quarante ans plus tôt, patiemment démonté les règles. Sa plume est vive, bavarde, souvent injuste, et prodigieusement vivante ; on y voit des chefs en habits d'Europe, des morais abandonnés et des interdits que plus personne ne fait respecter. La fin d'un monde vue par un homme qui ne sait pas qu'il la regarde.
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William Ellis, Polynesian Researches (1822-1825)
Missionnaire à Huahine puis à Hawaï dans les années 1820, Ellis a vu les deux archipels de ce tome à la charnière de leur bouleversement. Il parle les langues, recueille les généalogies et les mythes, décrit les temples avant leur démolition et les rites au moment où on les abandonne. Son témoignage confirme, corrige et complète presque tout ce que Cook avait noté à la hâte, et permet de comprendre après coup ce que signifiait le sacrifice d'Attahooroo.
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John Williams, Récit d'entreprises missionnaires dans les mers du Sud (1823)
Le missionnaire qui aborde Rarotonga en 1823 et parcourt les îles Cook et les Amis inaugure le siècle qui va transformer ces sociétés de fond en comble. Son livre, best-seller de l'Angleterre victorienne, raconte avec ferveur ce que Cook avait laissé intact et que la mission entreprend de refaire. Entre les deux récits tient tout ce qui bascule : les dieux abandonnés, l'étoffe remplacée, le tabou aboli. Williams paie de sa vie, à Erromango, l'œuvre qu'il croit apporter.
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Frederick William Beechey, Narrative of a Voyage to the Pacific and Beering's Strait (1825-1828)
Le Blossom de Beechey part en 1825 vers le détroit de Béring, mais sa traversée du Pacifique sud le mène d'abord à Pitcairn, où il rencontre John Adams, dernier survivant des mutins du Bounty, et recueille son récit de la mutinerie et des années de violence sur l'île. Il passe ensuite à Tahiti en 1826. Le livre, paru en 1831, donne la suite de l'histoire que Bligh, en 1792, n'entendait que par bribes de la bouche des Tahitiens : ce que devinrent Christian et ses compagnons après leur dernier départ de Matavai.
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Jules Dumont d'Urville, Voyage de la corvette l'Astrolabe (1826-1829)
En octobre 1826, deux jours après avoir aperçu le cap Leeuwin, l'Astrolabe de Jules Dumont d'Urville jette l'ancre à King George Sound, que les Français appellent le port du Roi-Georges. L'escale dure dix-huit jours. Les marins y nouent des rapports amicaux avec les habitants, que le dessinateur Louis de Sainson représente dans plusieurs planches de l'atlas. D'Urville juge le lieu propre à une colonie et s'étonne que les Britanniques ne s'y soient pas encore installés ; quelques semaines plus tard, une petite garnison envoyée de Sydney y fonde le poste qui deviendra Albany. Le récit officiel, publié à partir de 1830, offre un regard français sur les rivages décrits par Flinders.
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Charles Sturt, Two Expeditions into the Interior of Southern Australia (1828-1831)
Flinders avait longé la baie de la Rencontre sans y voir déboucher de grand fleuve. Vingt-huit ans plus tard, Charles Sturt arrive au même endroit par l'intérieur. Parti de Sydney, il descend en baleinière le Murrumbidgee puis le Murray jusqu'au lac Alexandrina, à deux pas de la côte que l'Investigator avait relevée. L'embouchure, ensablée, ne laisse pas passer de bateau : il faut remonter tout le fleuve à la rame, épuisés et à court de vivres. Son récit, publié en 1833, ouvre la voie à la fondation de l'Australie-Méridionale, sur les rives mêmes du golfe Saint-Vincent découvert par Flinders.
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Charles Darwin, Voyage d'un naturaliste autour du monde (1831-1836)
Le 6 mars 1836, le Beagle du capitaine FitzRoy entre à King George Sound pour une escale de huit jours, la dernière en Australie. Le jeune Charles Darwin n'y voit qu'une campagne sablonneuse et monotone, mais il accompagne FitzRoy à Bald Head, où les navigateurs précédents avaient cru reconnaître des coraux ou des arbres pétrifiés ; il y identifie des concrétions calcaires formées autour de racines ensevelies dans le sable. Un soir, il assiste à une grande danse réunissant les gens du Sound et un groupe venu de l'intérieur. Son journal, publié en 1839, mêle ainsi le dialogue savant avec ses prédécesseurs et un regard souvent dur sur les peuples rencontrés.
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Thomas Mitchell, Three Expeditions into the Interior of Eastern Australia (1831-1836)
Arpenteur général de la Nouvelle-Galles du Sud, Thomas Mitchell part de Sydney, comme Flinders y avait refait son navire, mais vers l'intérieur. Lors de sa troisième expédition, en 1836, il traverse les plaines de l'actuel Victoria, qu'il baptise Australia Felix, et atteint la baie de Portland, sur la côte que Flinders avait longée entre le cap Northumberland et le cap Otway. Il y trouve, stupéfait, des colons déjà installés. Du haut du mont Macedon, il aperçoit Port Phillip, la baie qu'avait explorée l'Investigator. Son récit, publié en 1838, accélère la colonisation de ces terres.
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Jules Dumont d'Urville, Voyage au pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée (1837-1840)
Après l'Antarctique et les îles du Pacifique, Dumont d'Urville engage en 1840 ses deux corvettes dans le détroit de Torres, que Flinders avait traversé sur sa goélette trente-sept ans plus tôt. Le 1er juin, l'Astrolabe et la Zélée s'échouent sur les récifs et restent prisonnières plusieurs jours, battues par la marée, avant de se dégager. Le récit, publié à partir de 1841, montre que ce passage n'avait rien perdu de sa réputation. Il offre aussi une revanche paisible à l'histoire du livre : des marins français sur les traces d'un Anglais que la France avait retenu, citant ses cartes comme une référence que personne ne conteste plus.
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John Lort Stokes, Discoveries in Australia (1837-1843)
Officier du Beagle, déjà à bord lors du voyage de Darwin, John Lort Stokes revient en Australie sur le même navire pour compléter la carte des côtes. En 1841, il gagne le fond du golfe de Carpentarie, mouille dans l'Investigator Road de l'île Sweers et y retrouve la trace du passage de Flinders. Il remonte ensuite deux rivières, qu'il nomme Flinders et Albert, et baptise Plains of Promise les plaines herbeuses qu'il découvre, promesses de pâturages pour les colons. Son récit, illustré, se lit comme une seconde visite des rivages qui ferment ce tome, quarante ans plus tard, avec déjà le regard d'une colonie qui cherche des terres.
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Charles Wilkes, Narrative of the United States Exploring Expedition (1840)
Ce que l'expédition de Cook avait manqué, l'Amérique le fit en 1840. Wilkes conduisit deux cents hommes et des tonnes d'instruments jusqu'au sommet du Mauna Loa, y campa des semaines sous la neige et y mesura la pesanteur au pendule. Le récit de cette montée, avec ses porteurs hawaïens, ses tentes gelées et son cratère fumant, répond directement à la marche avortée du chapitre 8, quand trois officiers renoncèrent devant un champ de pierres brûlées. Soixante ans séparent les deux tentatives, et le même volcan les mesure.
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Edward John Eyre, Journals of Expeditions of Discovery into Central Australia and Overland from Adelaide to King George's Sound (1840-1841)
En 1841, Edward John Eyre accomplit à pied ce que Flinders avait fait par mer : relier Fowler's Bay à King George Sound en longeant les falaises de la Grande Baie. Cinq mois de marche, presque sans eau, avec son contremaître John Baxter et trois compagnons aborigènes, au bord d'une plaine qui ne s'appellera Nullarbor que plus tard. Baxter est tué en route ; Eyre et le jeune Wylie, originaire de King George Sound, ne survivent que grâce à la rencontre inespérée d'un baleinier français, le Mississippi, mouillé près de l'archipel de la Recherche. Le journal, publié en 1845, offre le pendant terrestre exact de ce premier tome.
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Jules Dumont d'Urville, Voyage au pôle Sud et dans l'Océanie (1841-1854)
Au XIXe siècle, la corvette de Dumont d'Urville sillonne à son tour la Nouvelle-Zélande, les îles de la Société et les mers australes. Le savant français dresse le premier vrai tableau ethnographique de la Polynésie et de la Mélanésie, là où Cook n'avait pu que jeter des jalons. Lire son récit, c'est mesurer le chemin parcouru en deux générations, et voir les rivages maoris de la baie de la Pauvreté entrer, cette fois, dans une observation méthodique. La rencontre y perd de sa stupeur et gagne en épaisseur.
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Joseph Beete Jukes, Narrative of the Surveying Voyage of H.M.S. Fly in Torres Strait, New Guinea, and Other Islands of the Eastern Archipelago (1842-1846)
Naturaliste de la Fly, Jukes passe quatre ans à relever la Grande Barrière de corail et le détroit de Torres, le passage où Bligh avait dû se battre contre les pirogues en 1792. Son récit, publié en 1847, décrit les mêmes bancs, les mêmes îlots et les insulaires du détroit, avec qui les échanges restent faits de troc, de méfiance et d'escarmouches. Il pousse aussi vers la côte de Nouvelle-Guinée et Java. Cinquante ans après le Providence, le détroit est toujours aussi dangereux, mais il est désormais cartographié pour la navigation régulière vers l'Asie.
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Joseph Beete Jukes, Narrative of the Surveying Voyage of H.M.S. Fly (1842-1846)
Naturaliste et géologue du Fly, Joseph Beete Jukes passe quatre ans à relever la Grande Barrière et le détroit de Torres, que Flinders avait franchis en tâtonnant. En 1844, l'expédition élève une balise de pierre sur l'île Raine, au bord extérieur du récif, pour signaler aux navires une ouverture sûre. Jukes décrit longuement les récifs vus du dedans et du dehors, et reprend la question de la formation des îles de corail que Flinders posait à Half-way Island. Il rencontre aussi les insulaires du détroit, notamment à Darnley, et en laisse des portraits vivants, qui prolongent les pages de ce tome sur les îles Murray.
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Joseph Beete Jukes, Relation du voyage hydrographique du HMS Fly (1842-1846)
Géologue embarqué sur le HMS Fly, Jukes passe quatre ans à suivre l'équipe qui relève la Grande Barrière de corail et le détroit de Torres, avec une rigueur qui rend enfin sûre la route que Flinders avait ouverte au prix de tant de nuits d'angoisse. Il décrit la croissance des récifs, la vie des insulaires du détroit, les pirogues et les marchés de tortue, et la construction d'une balise sur l'île de Raine pour guider les navires vers le passage. Son récit, publié en 1847, montre la mer de Corail devenue route commerciale : les dangers que Flinders signalait sont désormais cartographiés, balisés, presque domestiqués.
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Ludwig Leichhardt, Journal of an Overland Expedition in Australia (1844-1845)
En octobre 1844, le naturaliste prussien Ludwig Leichhardt quitte les Darling Downs, à l'ouest de Moreton Bay, pour gagner par terre Port Essington, sur la côte nord. Il y arrive plus de quatorze mois plus tard, après avoir perdu le naturaliste John Gilbert, tué lors d'une attaque nocturne. Sa route longe le fond du golfe de Carpentarie, que Flinders avait relevé depuis la mer : là où l'Investigator ne voyait qu'une côte basse bordée de bancs, Leichhardt découvre des rivières, des plaines et les peuples qui y vivent. Son journal fait lire à l'envers la fin de ce tome, de l'intérieur des terres vers le rivage.
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John MacGillivray, Narrative of the Voyage of H.M.S. Rattlesnake (1846-1850)
Naturaliste du Rattlesnake, commandé par Owen Stanley, John MacGillivray suit de 1846 à 1850 le relevé de la route intérieure du Queensland, du détroit de Torres et de la côte sud de la Nouvelle-Guinée ; le jeune Thomas Henry Huxley est à bord comme aide-chirurgien. Au cap York, en 1849, l'équipage recueille Barbara Thompson, jeune naufragée écossaise qui avait vécu près de cinq ans parmi les insulaires de l'île du Prince de Galles. MacGillivray consigne son témoignage, précieux sur les langues et les coutumes du détroit. On y retrouve les îles et les mouillages que Flinders avait nommés, désormais fréquentés par les navires.
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Herman Melville, Les Encantadas ou îles enchantées (1854)
En 1841, le baleinier Acushnet longe l'île Albemarle, aux Galápagos, avec à bord un jeune matelot nommé Herman Melville. Treize ans plus tard, sous le pseudonyme de Salvator R. Tarnmoor, il publie dans le Putnam's Monthly dix esquisses sur ces îles de cendre et de lave, peuplées de tortues, d'ermites et d'anciens repaires de boucaniers. Il y cite les vieux récits de boucaniers, comme celui de Cowley, ces marins qui, avant et après Rogers, venaient y chercher des tortues. Le texte, repris en 1856 dans The Piazza Tales, transforme en paysage moral l'archipel que le journal de Rogers décrit en marin pressé.
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Mark Twain, Lettres des îles Sandwich (1866)
En 1866, un jeune journaliste débarque à Honolulu pour un journal de Sacramento et reste quatre mois. Twain visite les plantations, descend dans le cratère du Kilauea, essaie la planche de nage et boit la tasse, puis se fait conduire à Kealakekua, devant le monument de Cook, où il écrit quelques pages froides sur ce que le capitaine méritait ou non. Le comique y couvre mal une mélancolie réelle : le royaume qu'il traverse est celui de ce tome, mais dépeuplé, converti, endetté, et déjà tourné vers la Californie.
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Isabella Bird, Six Months in the Sandwich Islands (1873)
En 1873, une Anglaise de quarante ans, malade et intrépide, parcourt Hawaï à cheval, en amazone puis à califourchon, dort dans les cases, descend au bord du cratère du Kilauea et remonte les vallées de Kauai. Un siècle après Cook, elle trouve un royaume chrétien, une monarchie constitutionnelle, des plantations de canne, et sous tout cela la même terre volcanique et les mêmes noms. Le contraste avec la plage de Waimea de janvier 1778 tient en un seul livre.
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Pierre Loti, Le Mariage de Loti (1880)
Un siècle après Cook, l'officier de marine français Julien Viaud, sous le nom de Loti, débarque à Tahiti et en tire un roman mélancolique paru en 1880. L'île des rois Otoo est devenue un protectorat, la monarchie s'éteint, la population a fondu. Loti pleure un paradis déjà perdu. Lire ce livre après celui de Cook, c'est mesurer en un siècle l'effondrement d'un monde que le navigateur avait vu encore souverain et peuplé, et sentir le poids de ce que la rencontre a emporté.
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Robert Louis Stevenson, Dans les mers du Sud (1888-1890)
Malade et cherchant un climat, l'écrivain écossais navigue de 1888 à 1890 des Marquises aux Gilbert, écoute, questionne, et refuse la carte postale. Il décrit des sociétés qui se souviennent encore du tabou et des morai, et une dépopulation qu'il attribue sans détour au contact européen. Sur les îles de la Société et sur ce que Cook y a laissé sans le vouloir, ses pages valent bien des traités.
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Basil Thomson, Les Distractions d'un premier ministre (1890-1891)
À la fin du dix-neuvième siècle, un jeune fonctionnaire britannique devient, presque par hasard, premier ministre du royaume de Tonga, seul État polynésien à n'avoir jamais été colonisé. Son livre, drôle et fin, décrit une monarchie héritière de l'ancien ordre des Tu'i Tonga de Poulaho, avec ses rites, ses rangs et ses tabous encore vivaces. On y reconnaît, sous le vernis chrétien, l'archipel que Cook avait cru comprendre, et la royauté sacrée qu'il avait devinée derrière les fastes de Feenou.
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Mark Twain, Following the Equator (1895-1896)
Près d'un siècle après Flinders, Mark Twain débarque à Sydney pour une tournée de conférences. Port Jackson, où l'Investigator recrutait des forçats, est devenu une grande ville ; Port Phillip, la baie à peine reconnue en 1802, abrite Melbourne et ses courses de chevaux ; Adélaïde s'étend près du golfe Saint-Vincent. Twain s'amuse de tout, des trains qui changent d'écartement aux frontières des colonies jusqu'à la faune, mais il écoute aussi l'histoire des Aborigènes et la juge sévèrement. Son récit, paru en 1897, montre ce que sont devenus en quelques décennies les rivages que Flinders nommait un à un.
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Mark Twain, Le Tour du monde (Following the Equator) (1895-1896)
Ruiné, Mark Twain part en 1895 pour une tournée de conférences autour du monde. Il découvre Sydney, ses quais et son port magnifique, traverse l'Australie avec un étonnement mêlé d'ironie, puis gagne l'Inde et fait escale à Maurice. À Port-Louis, il se moque de la chaleur, de la ferveur des habitants pour Paul et Virginie, et rapporte avec malice qu'à les entendre, Maurice aurait été créée d'abord et le paradis copié sur elle. Publié en 1897, le livre transforme en destination de croisière les lieux où Flinders avait connu la faim et la prison, et rappelle que le voyage peut aussi se raconter en riant.
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Joshua Slocum, Sailing Alone Around the World (1900)
En 1895, un capitaine américain de cinquante et un ans part seul, sur un vieux sloop de onze mètres, le Spray, pour faire le tour du monde. Joshua Slocum passe le détroit de Magellan au début de 1896, lutte des semaines contre les rafales qui le rejettent en arrière, et sème des punaises sur son pont pour se garder des visiteurs nocturnes venus de la Terre de Feu. Il traverse ensuite le Pacifique jusqu'à l'Australie et revient en 1898. Son récit, plein d'humour, est l'exact inverse du journal de Van Noort : un homme sans équipage là où quatre navires avaient perdu presque tous les leurs.
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Daisy Bates, The Passing of the Aborigines (1912-1935)
Au début du XXe siècle, l'Irlandaise Daisy Bates s'installe seule sous la tente aux confins de la plaine de Nullarbor : à Eucla en 1912, puis près de Yalata, non loin de Fowler's Bay, enfin à Ooldea, où elle passe seize ans au bord de la voie ferrée transaustralienne. Elle y recueille vocabulaires, généalogies et récits des peuples de la côte sud, les descendants de ceux que Flinders n'avait fait qu'entrevoir depuis la mer. Paru en 1938, son livre est un témoignage précieux et dérangeant à la fois : son titre même exprime la conviction, aujourd'hui récusée, que ces peuples étaient appelés à disparaître.
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Alain Gerbault, À la poursuite du soleil (1929)
Navigateur solitaire des années 1920, Gerbault traversa le Pacifique à la voile et séjourna longuement dans les îles de la Société, dont il aima les habitants au point de vouloir les défendre. Son récit, paru en 1929, retrouve Tahiti, Huaheine et Ulietea deux siècles après Cook. Le contraste est saisissant : mêmes lagons, mêmes noms, mais un monde bouleversé par la colonisation et les maladies. Gerbault, amoureux déçu de la Polynésie, offre le pendant sensible et engagé du regard clinique du capitaine.
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Thor Heyerdahl, Aku-Aku, le secret de l'île de Pâques (1957)
En 1955, l'explorateur norvégien Heyerdahl installe une expédition archéologique à Rapa Nui et fait parler les statues que Cook n'avait fait qu'entrevoir. Fouilles, relèvement d'un géant, récits des derniers habitants sur les esprits de l'île : le livre, best-seller mondial, prolonge en enquête ce que Cook avait laissé en énigme. Ses thèses ont été contestées, mais son récit garde la force d'un homme qui a voulu comprendre comment ces colosses avaient été taillés, déplacés et dressés.