Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
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Ahmad ibn Fadlan, Voyage chez les Bulgares de la Volga (921)
En 921, un siècle et demi avant qu'Adam ne prenne la plume, un envoyé du calife de Bagdad remonte vers le nord et tombe sur des marchands nordiques au bord de la Volga. Ce sont les Rus, cousins orientaux des Normands d'Adam. Ibn Fadlan décrit leurs tatouages, leur commerce d'esclaves et l'effrayant rituel funèbre d'un chef brûlé sur son navire. Là où Adam interroge des marins à distance, l'Arabe a tout vu de ses yeux. Les deux textes se répondent comme les deux faces d'un même monde nordique, vu de Brême et vu de l'Orient.
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Adam de Brême, Histoire des archevêques de Hambourg (v. 1075)
Vers 1075, un clerc allemand rédige la première mention écrite du Vinland hors d'Islande. Adam de Brême, informé par le roi du Danemark, note qu'il existe au-delà du Groenland une île où poussent la vigne et le blé sauvage. La coïncidence est saisissante : au moment où les sagas gardaient encore ces voyages dans la mémoire orale, un savant du continent en recueillait déjà l'écho. Son témoignage, bref mais capital, confirme de l'extérieur ce que les Islandais transmettaient de bouche à oreille sur la terre des vignes.
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Snorri Sturluson, La Saga des rois de Norvège (v. 1230)
Un siècle après Adam, l'Islandais Snorri raconte de l'intérieur les rois que le chanoine n'a connus que par ouï-dire. Harald Hardrada, les deux Olaf, Cnut le Grand y reparaissent, mais vus par les Nordiques eux-mêmes, avec leurs sagas, leurs scaldes et leur mémoire propre. Lire Snorri après Adam, c'est entendre l'autre version de la même histoire, celle des conquis qui prennent enfin la parole.
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Saxo Grammaticus, La Geste des Danois (v. 1200)
Vers 1200, ce clerc danois compose en latin la grande chronique de son peuple. Il connaît l'œuvre d'Adam et la prolonge, donnant aux rois danois leur épopée nationale. On y croise les héros et les légendes que Brême avait à peine entrevus, dans une langue ample qui veut rivaliser avec les Anciens.
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Olaus Magnus, Histoire des peuples du Nord (1555)
Plus d'un siècle avant Scheffer, l'archevêque suédois exilé à Rome avait dressé, en 1555, le grand tableau du Septentrion : tempêtes, glaces, peuples chasseurs, monstres marins et coutumes du froid. Scheffer le lit page après page, l'admire et le corrige sans cesse. C'est ici que l'Europe lettrée découvrit pour la première fois, dans une profusion d'images gravées, ce que pouvait être la vie aux confins du monde. À lire pour mesurer ce que la Lapponia doit à son devancier et ce qu'elle lui retire : la crédulité.
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Thomas James, The Strange and Dangerous Voyage of Captaine Thomas James (1633)
En mai 1631, Thomas James quitte Bristol sur l'Henrietta Maria pour reprendre la quête là où Hudson l'avait laissée. Dans la baie, il croise un autre chercheur de passage, Luke Foxe, parti de Londres la même saison, puis descend vers le sud, dans ce fond de baie où Hudson avait hiverné et qui porte aujourd'hui le nom de James. Il passe l'hiver sur l'île Charlton, coule volontairement son navire pour le soustraire aux glaces, le renfloue au printemps et rentre à Bristol en octobre 1632. Son Strange and Dangerous Voyage, paru en 1633, dit la faim, le froid, la prière, et aboutit au même constat que les journaux de Hudson : par là, aucun passage ne s'ouvre vers l'Asie.
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Luke Foxe, North-West Fox, or Fox from the North-West Passage (1635)
Douze ans après Munk, en 1631, Luke Foxe quitte Londres sur le Charles, une petite pinasse, passe par les Orcades et entre dans le détroit d'Hudson en juin. Il longe la côte ouest de la baie, retrouve à Port Nelson les traces de l'hivernage de Thomas Button, croise par hasard son rival Thomas James, puis remonte vers le nord dans le bassin qui porte aujourd'hui son nom. Il rentre en octobre sans avoir hiverné ni perdu d'homme. Son livre, publié en 1635, mêle journal de bord et histoire des voyages antérieurs : la lecture idéale pour mesurer ce que Munk avait payé si cher.
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Friedrich Martens, Spitzbergische oder Groenlandische Reise-Beschreibung (1675)
Au printemps 1671, le chirurgien-barbier hambourgeois Friedrich Martens embarque sur un baleinier, le Jonas im Walfisch, pour le Spitzberg. Soixante ans plus tôt, les baleines signalées par Hudson en 1607 avaient attiré dans ces baies les flottes anglaises et hollandaises ; Martens y trouve une industrie installée, avec ses chaloupes, ses harpons et ses fondoirs. Pendant que l'équipage chasse, il observe : les glaces qui se détachent des glaciers, l'ours blanc, le morse, les oiseaux de mer, et l'herbe à cuillère contre le scorbut, celle que les survivants de la mutinerie cueillaient sur les îles de la baie. Sa Reise-Beschreibung, imprimée à Hambourg en 1675, fut traduite en italien, en néerlandais et en anglais.
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Nicolas Jérémie, Relation du détroit et de la baie d'Hudson (1694-1714)
Né près de Québec, Nicolas Jérémie arrive à la baie d'Hudson en 1694 avec Iberville comme interprète et commis au fort Bourbon, sur la côte ouest. Fait prisonnier par les Anglais, il revient, sert de nouveau, puis commande le poste de 1708 à 1714, avant de le remettre aux Anglais après le traité d'Utrecht. Sa Relation, publiée à Amsterdam en 1720, décrit les rivières, les animaux et les peuples de la baie. On y lit le nom de « rivière Danoise », donné à la Churchill en souvenir de l'expédition de Munk : un siècle plus tard, l'hivernage danois était encore inscrit dans la géographie du lieu.
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Réginald Outhier, Journal d'un voyage au Nord, en 1736 et 1737 (1744)
Le même voyage, vu par un autre regard. L'abbé Réginald Outhier, prêtre du diocèse de Besançon et correspondant de l'Académie, chargé des signaux et des cartes de l'expédition, tient son journal au jour le jour pendant les deux années passées dans le Nord. Publié en 1744, il montre ce que le Discours de Maupertuis laisse dans l'ombre : la vie des hameaux du fleuve, les coutumes et les croyances des Lapons, le regard d'un prêtre catholique sur un pays luthérien. Outhier dessine lui-même les planches, dont des plans de Torneå et de Stockholm et une vue de Falun. Lire les deux textes côte à côte, c'est entendre le chef de l'expédition et l'homme qui portait les signaux sur les sommets.
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Henry Ellis, A Voyage to Hudson's-Bay, by the Dobbs Galley and California (1748)
En 1746 et 1747, deux navires armés à l'initiative d'Arthur Dobbs, le Dobbs Galley et le California, reprennent la quête du passage du Nord-Ouest par la côte occidentale de la baie d'Hudson. Henry Ellis, engagé comme observateur scientifique, mesure les marées, note les vents et les baleines, explore la baie Wager et décrit les Inuits, leurs feux et leur matériel de chasse au phoque. Son livre, paru en 1748, retrace aussi l'histoire des recherches antérieures et conclut qu'aucun passage navigable ne s'ouvre depuis la baie. Il referme, d'une certaine manière, le chapitre que Munk avait ouvert pour le Danemark plus d'un siècle auparavant.
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David Cranz, Historie von Grönland (1761-1762)
En 1733, du vivant d'Egede, des frères moraves de Herrnhut s'installent à côté de sa colonie et fondent Neu-Herrnhut ; la cohabitation entre luthériens et moraves n'est pas toujours paisible. Trente ans plus tard, David Cranz est envoyé par son Église pour écrire l'histoire de cette mission. Il séjourne au Groenland en 1761 et 1762, puis publie en 1765 une somme sur le pays, ses habitants et l'œuvre des frères, traduite en anglais dès 1767. Cranz reprend largement Egede, le complète, le discute, et ajoute ce que trente années de présence ont appris. Lire les deux livres à la suite, c'est voir la même côte décrite par deux missions rivales.
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Peter Simon Pallas, Reise durch verschiedene Provinzen des Russischen Reiches (1771-1776)
Publié entre 1771 et 1776, l'immense voyage du naturaliste allemand Pallas à travers l'empire russe, de la Volga à l'Altaï et à la Sibérie orientale, se déroule dans les années qui précèdent et suivent Phipps. Pallas décrit les steppes, les mammouths, les peuples turcs et mongols. Le lecteur curieux du Grand Nord y trouvera, du côté russe, la contrepartie continentale de ce que Phipps cherche en mer.
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James Cook et James King, A Voyage to the Pacific Ocean (1776-1780)
Au printemps 1778, trente-sept ans après Béring, James Cook longe à son tour la côte de l'Alaska à la recherche d'un passage vers l'Atlantique. Il passe devant l'île où Steller avait herborisé dix heures et la baptise Kaye's Island ; ses hommes y laissent une bouteille et des pièces d'argent. Cook remonte jusqu'au détroit de Béring, rencontre des trafiquants russes à Unalaska, puis meurt à Hawaï. En 1779, ses navires mouillent dans la baie d'Avatcha, d'où le Saint-Pierre était parti. Le récit officiel, achevé par James King et paru en 1784, refait la route de Steller avec des instruments plus sûrs et mesure enfin ce que les Russes avaient découvert.
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Martin Sauer, An Account of a Geographical and Astronomical Expedition to the Northern Parts of Russia (1785-1794)
Secrétaire de l'expédition de Joseph Billings, chargée par Catherine II de relever les côtes entre l'Asie et l'Amérique, l'Anglais Martin Sauer passe près de dix ans en Sibérie orientale. Il hiverne au Kamtchatka, embarque à Petropavlovsk en 1790 et visite les îles Aléoutiennes, Unalaska et Kodiak. Son récit, paru à Londres en 1802, s'attarde sur les Aléoutes, leurs kayaks, leurs parkas, leurs villages, et dénonce sans détour la brutalité des chasseurs de fourrures russes envers eux. Un demi-siècle après la rencontre des îles Choumaguine racontée par Steller, Sauer décrit le prix payé par ces insulaires pour la loutre de mer que l'expédition de Béring avait fait connaître.
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Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps, Journal historique du voyage de M. de Lesseps (1787-1788)
En septembre 1787, La Pérouse fait escale dans la baie d'Avatcha et y débarque son jeune interprète, Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps, chargé de porter en France les journaux de l'expédition. Commence alors une traversée d'un an : en traîneau à chiens à travers le Kamtchatka, par Bolcheretsk, puis chez les Koriaks, le long de la mer d'Okhotsk et à travers toute la Sibérie, jusqu'à Saint-Pétersbourg et Paris, où il arrive en octobre 1788. Son Journal historique, paru en 1790, décrit les Kamtchadales, les Koriaks, les postes cosaques et les rigueurs de l'hiver. Le lecteur de Steller y retrouve Avatcha et Bolcheretsk un demi-siècle plus tard, sur la route même de son retour à pied.
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Paul Egede, Efterretninger om Grønland, uddragne af en Journal holden fra 1721 til 1788 (1788)
Paul Egede a douze ans quand il débarque avec ses parents en 1721, et la Relation le suit de tournée en tournée avant qu'il ne revienne, ordonné, en 1734, pour aider à fonder Christianshåb sur la baie de Disko. Resté au Groenland jusqu'en 1740, il devient ensuite l'auteur du premier dictionnaire et de la première grammaire groenlandaise, traduit le Nouveau Testament et finit évêque du Groenland. Peu avant sa mort, il publie à Copenhague des extraits de son propre journal, tenu de 1721 à 1788. Le fils reprend là où le père s'arrête : mêmes fjords, mêmes familles, mais avec la langue enfin maîtrisée et le recul d'une vie entière.
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Samuel Hearne, A Journey from Prince of Wales's Fort in Hudson's Bay to the Northern Ocean (1795)
Le fort Prince of Wales se dressait à l'embouchure de la rivière Churchill, là où, un siècle et demi plus tôt, Munk avait vu mourir son équipage. C'est de là que Samuel Hearne, employé de la Compagnie de la baie d'Hudson, part à pied entre 1769 et 1772, guidé par le chef déné Matonabbee, jusqu'à l'embouchure de la rivière Coppermine et l'océan Arctique. Il découvre que le continent n'offre aucun passage par la terre, et vit au rythme des peuples du Nord, de leurs chasses et de leurs famines. Publié en 1795, son récit montre ce que Munk n'avait pas pu apprendre : comment survivre à l'hiver de la baie.
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Giuseppe Acerbi, Voyage au cap Nord (1802)
Au tournant du dix-neuvième siècle, un Italien remonte la Scandinavie jusqu'à la pointe extrême du continent, là où Scheffer plaçait les bornes du monde connu. Acerbi note les chants, les danses, les instruments, la vie quotidienne des Sâmes avec une curiosité d'amateur éclairé. On y retrouve, vivants et changés, les usages que la Lapponia avait figés un siècle et demi plus tôt.
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Giuseppe Acerbi, Travels through Sweden, Finland, and Lapland, to the North Cape (1802)
Le jeune Italien Giuseppe Acerbi quitte Stockholm en 1798 pour un voyage qui le mènera jusqu'au cap Nord. Au cœur de l'hiver, il franchit en traîneau la mer d'Åland prise par les glaces, gagne la Finlande et remonte la côte du golfe de Botnie jusqu'à Oulu et Torneå, en sens inverse du retour de Linné. L'été 1799 venu, il remonte en barque le Torne et le Muonio, de rapide en rapide, jusqu'aux campements lapons et à l'océan Arctique. Ses Travels, publiés à Londres en 1802 avec de nombreuses gravures, offrent un tableau vivant des Finnois, des Lapons et de leurs rennes, deux générations après le journal de 1732.
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Giuseppe Acerbi, Travels through Sweden, Finland, and Lapland, to the North Cape, in the Years 1798 and 1799 (1802)
Plus de soixante ans après Maupertuis, le jeune Italien Giuseppe Acerbi reprend la route de Torneå avec une ambition nouvelle : gagner le cap Nord par la terre. Au printemps 1799, sa petite troupe passe par Oulu et Kemi, atteint Torneå, remonte en barque le Torne puis le Muonio et ses rapides, traverse à pied les marais d'Enontekiö jusqu'à Kautokeino, et touche le cap Nord par la mer le 19 juillet, sous le soleil de minuit. Publiés à Londres en 1802, ses deux volumes décrivent la nature, les habitants et les coutumes de la Finlande et de la Laponie. Le fleuve des académiciens y devient la porte d'un grand voyage d'aventure.
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Georg Heinrich von Langsdorff, Bemerkungen auf einer Reise um die Welt in den Jahren 1803 bis 1807 (1803-1807)
Médecin et naturaliste allemand, Georg Heinrich von Langsdorff embarque sur la Nadejda de Krusenstern pour le premier tour du monde russe. En 1804, il séjourne au Kamtchatka ; en 1805, il suit le chambellan Rezanov vers les comptoirs de la Compagnie russe d'Amérique, à Unalaska, à Kodiak, puis à Sitka où sévit la famine, avant de pousser jusqu'en Californie. Rentré à travers la Sibérie, il publie ses Remarques en 1812. Langsdorff est un héritier direct de Steller : même métier de médecin naturaliste, même curiosité pour les plantes, les animaux marins et les peuples des îles, et le même regard critique sur les chasseurs de loutres, soixante ans après le naufrage de l'île de Béring.
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Leopold von Buch, Reise durch Norwegen und Lappland (1810)
Le géologue prussien Leopold von Buch parcourt la Norvège et la Laponie de 1806 à 1808. Venu du fjord d'Alta, il redescend vers le golfe de Botnie par la vallée du Torne, passe à Pello et à Korpikylä, hameaux que Maupertuis avait connus, avant d'atteindre Torneå. Là où l'académicien mesurait la forme du globe, Buch interroge son sous-sol et son climat : il observe la répartition des plantes selon la latitude et établit que la Suède s'élève lentement au-dessus de la mer. Paru à Berlin en 1810 et traduit en anglais dès 1813, son récit montre la Laponie entrée dans l'âge de la géologie, une génération après celui de la géodésie.
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Adelbert von Chamisso, Reise um die Welt mit der Romanzoffischen Entdeckungs-Expedition (1815-1818)
Poète déjà connu pour Peter Schlemihl, l'homme qui a vendu son ombre, Adelbert von Chamisso embarque comme naturaliste sur le Rurik d'Otto von Kotzebue, armé par le comte Roumiantsev pour chercher un passage au nord de l'Amérique. En 1816 et 1817, le brick fait escale à Petropavlovsk, croise dans le détroit de Béring et relâche à Unalaska, dont Chamisso observe les Aléoutes avec une sympathie rare chez les voyageurs de son temps. Son récit, publié en 1836, mêle journal de route et remarques savantes. Chamisso navigue dans le sillage de Béring, et son regard de naturaliste, attentif aux plantes comme aux hommes, prolonge celui de Steller sur les mêmes rivages.
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William Scoresby, An Account of the Arctic Regions (1820)
Baleinier de Whitby comme les pilotes de Phipps, Scoresby publie en 1820 la première synthèse scientifique moderne sur le Spitzberg et les mers boréales. Il reprend et corrige les observations de Phipps, décrit la formation des glaces, la vie animale, la conduite des navires baleiniers. C'est le grand livre qui succède au voyage de 1773 sur les mêmes eaux, un demi-siècle plus tard, et qui inaugure l'océanographie polaire.
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William Scoresby, Journal of a Voyage to the Northern Whale-Fishery (1822)
Baleinier de Whitby et savant reconnu, William Scoresby longe en 1822 la côte orientale du Groenland, celle qu'Egede rêvait d'atteindre en petits bateaux et où l'on situait encore l'Eastbygd perdu des Normands. Entre deux campagnes de chasse, il relève les caps et les fjords sur quelque quatre cents milles, entre le soixante-neuvième et le soixante-treizième degré, mesure les glaces, les courants et les fonds. Son journal, publié en 1823, livre une carte d'une précision alors inédite pour ce littoral. Un siècle après Egede, la côte interdite commence à sortir du brouillard, non grâce aux expéditions royales, mais grâce aux baleiniers que le missionnaire voyait déjà croiser au large de Disko.
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Xavier Marmier, Lettres sur le Nord (1840)
Voyageur romantique et savant, Marmier parcourt vers 1840 la Scandinavie et rapporte de la Laponie des pages où l'émotion le dispute à l'observation. Il visite les paroisses, écoute les pasteurs, recueille les traditions et s'interroge sur l'avenir d'un peuple que la modernité commence à serrer de près. Le livre prolonge, en langue française, le geste de Scheffer : faire connaître le Nord à ceux du Sud.
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Hinrich Rink, Danish Greenland, its People and its Products (1848-1868)
Le géologue Hinrich Rink arrive au Groenland en 1848 et y revient sans cesse pendant vingt ans. Inspecteur royal du Groenland du Sud, il réside à Godthaab, la colonie fondée par Egede, où il installe une imprimerie et lance en 1861 Atuagagdliutit, le premier journal en langue groenlandaise. Il recueille aussi auprès des conteurs des centaines de récits traditionnels. Son grand tableau du Groenland danois, publié en anglais en 1877, décrit la chasse, le commerce, l'administration et les effets d'un siècle et demi de colonie. On y mesure ce qu'est devenu, cent cinquante ans plus tard, le petit établissement de l'île de l'Espérance.
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Léonie d'Aunet, Voyage d'une femme au Spitzberg (1854)
En 1839, Léonie d'Aunet, dix-neuf ans, accompagne le peintre François Biard dans l'expédition de la Recherche jusqu'au Spitzberg. Pour le retour, elle choisit la voie de terre et traverse la Laponie en barque, sur le Muonio puis le Torne, entre cascades et rives désertes. À Mattaringuy, elle rappelle le séjour de « l'académicien Maupertuis » et ses observations sur le mont Avasaxa, avant de rejoindre Haparanda et Torneå. Ses lettres, réunies en 1854 sous le titre Voyage d'une femme au Spitzberg, mêlent humour, fatigue et émerveillement. Un siècle après les géomètres, le fleuve de Maupertuis est devenu le chemin d'une voyageuse, et la mesure du degré, un souvenir que l'on vient saluer.
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Bayard Taylor, Northern Travel: Summer and Winter Pictures of Sweden, Denmark and Lapland (1858)
L'écrivain américain Bayard Taylor choisit pour la Laponie la saison la plus rude. Parti de Lübeck en décembre 1856, il passe le Nouvel An sur la route du golfe de Botnie, s'arrête à Haparanda puis remonte la vallée du Torne en traîneau, en plein hiver. Il guette la montagne d'Avasaxa, « l'une des stations de Celsius, de Maupertuis et des académiciens français », et pousse un cri de joie en franchissant le cercle polaire, la barbe gelée. Il gagne ensuite Muonio, où l'accueille le naturaliste anglais John Wolley, et observe la vie des Lapons. Paru en 1858, Northern Travel offre le contrepoint hivernal du livre de Maupertuis : la même nuit polaire, cette fois cherchée pour elle-même.
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Julius Payer, Die österreichisch-ungarische Nordpolexpedition (1876)
En 1873, Payer et Weyprecht découvrent la Terre François-Joseph en dérivant sur la banquise à bord du Tegetthoff prisonnier des glaces. Le récit de Payer, publié à Vienne en 1876, prolonge exactement le mur de banquise devant lequel Phipps a reculé. Un siècle plus tard, la glace tient encore, mais on la traverse cette fois à pied, en laissant le navire.
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Paul Du Chaillu, The Land of the Midnight Sun (1881)
Rendu célèbre par ses gorilles du Gabon, Paul Du Chaillu change de latitude dans les années 1870 : il passe plusieurs étés et plusieurs hivers en Suède, en Norvège, en Laponie et dans le nord de la Finlande. Il emprunte la route de poste qui mène d'Upsal à Haparanda par soixante et onze relais, celle-là même que Linné avait remontée à cheval, puis voyage en barque et en traîneau à rennes, logé chez les paysans, les pasteurs et les Lapons. Fêtes, repas, costumes, travaux de chaque saison : The Land of the Midnight Sun, publié en 1881, offre un portrait foisonnant de ces campagnes du Nord un siècle et demi après le jeune naturaliste.
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Pierre Loti, Pêcheur d'Islande (1886)
À la fin du dix-neuvième siècle, le romancier français suit les marins bretons qui campagnent sur les bancs glacés d'Islande. La Thulé d'Adam, terre où la glace brûle, est devenue un lieu de labeur et de deuil. Le roman donne chair, à huit siècles de distance, à l'effroi que le chanoine éprouvait devant ces mers du bout du monde.
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Fridtjof Nansen, La Première Traversée du Groenland (1888)
En 1888, le jeune Norvégien Fridtjof Nansen et cinq compagnons débarquent sur la côte est du Groenland et traversent l'inlandsis à ski, d'un rivage à l'autre, pour la première fois. Ils redescendent par le fjord d'Ameralik jusqu'à Godthaab, la colonie fondée par Egede. Le dernier navire de la saison est parti : Nansen passe l'hiver parmi les Groenlandais, apprend le kayak, observe la chasse et la vie des maisons, matière d'un second livre sur les Inuits. Ce Norvégien qui arrive à Nuuk par la glace, près de cent soixante-dix ans après le pasteur norvégien arrivé par la mer, referme une boucle que le lecteur d'Egede appréciera.
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Fridtjof Nansen, Paa ski over Grønland (1888-1889)
En 1888, le Norvégien Fridtjof Nansen et cinq compagnons débarquent sur la côte orientale du Groenland, celle qu'Egede avait cherchée en vain, et traversent l'inlandsis à ski d'un rivage à l'autre. Ils redescendent par le fjord d'Ameralik, l'Amaralik où Egede semait son blé et fit ses adieux en 1735, puis gagnent Godthaab en bateau. Le dernier navire de la saison est parti : Nansen hiverne parmi les Groenlandais, apprend le kayak et observe la vie des maisons. Son récit paraît en 1890. Un Norvégien arrivé par la glace, près de cent soixante-dix ans après le pasteur norvégien arrivé par la mer, referme une boucle que le lecteur d'Egede appréciera.
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Fridtjof Nansen, Vers le pôle (1893-1896)
À la fin du XIXe siècle, l'explorateur norvégien Nansen laisse son navire, le Fram, prendre dans les glaces de l'Arctique pour se laisser dériver vers le pôle. Héritier lointain des marins de ce livre, il affronte la même banquise, le même silence blanc, la même mer qui décide à la place des hommes. Nansen, qui étudia aussi l'histoire des voyages norrois, savait ce qu'il devait à ces ancêtres. Son récit prolonge, à l'âge de la science, l'aventure commencée mille ans plus tôt par des vikings lâchant des corbeaux pour trouver la terre.
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Fridtjof Nansen, Farthest North (1897)
Nansen fait exprès ce que Phipps a subi malgré lui : il laisse le Fram se prendre dans la banquise pour dériver vers le pôle. Il publie en 1897 le récit de cette dérive de trois ans (1893-1896) et de sa marche vers le nord avec Johansen. Aucun livre ne rend mieux l'immobilité obstinée de la glace, dans laquelle les deux bombardes de Phipps étaient déjà restées prises.
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Paul-Émile Victor, Boréal
Bien plus tard, un Français part vivre chez les peuples de l'Arctique et en revient avec un récit d'immersion. Si la région diffère, le regard dialogue avec celui de Scheffer : même monde de neige, de rennes et de tentes, mais raconté désormais de l'intérieur, par quelqu'un qui a partagé le froid au lieu de le compiler. À lire pour mesurer la distance parcourue entre la description savante et l'expérience vécue.
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Knud Rasmussen, Nye Mennesker (1902-1904)
Né en 1879 à Ilulissat, sur la baie de Disko, fils d'un pasteur danois et d'une mère en partie groenlandaise, Knud Rasmussen parle le groenlandais depuis l'enfance. De 1902 à 1904, l'Expédition littéraire danoise le conduit jusqu'aux Inughuit du cap York, les Inuits les plus septentrionaux du monde. Il en rapporte Nye Mennesker (1905), recueil de récits, de mythes et de portraits recueillis de la bouche des conteurs. Là où Egede notait les croyances des Groenlandais pour mieux les combattre, Rasmussen les écoute pour les sauver de l'oubli. Le pays des âmes, les esprits de la mer, les angekoks reviennent, cette fois racontés de l'intérieur.
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Vilhjalmur Stefansson, Le Pays de l'aventure (1906-1918)
Au début du XXe siècle, cet explorateur d'origine islandaise, né au Canada, arpente l'Arctique et vit des années durant parmi les Inuit. Descendant des colons dont ce livre raconte l'épopée, il boucle en quelque sorte la boucle : les lointains fils des Norrois retournent au Nouveau Monde, non plus pour le nommer, mais pour apprendre à y vivre auprès de ceux que leurs aïeux appelaient Skrælings. Son témoignage offre le contrepoint qui manque aux sagas, celui d'une véritable rencontre avec les peuples de l'Arctique.
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Roald Amundsen, Nordostpassagen (1921)
Le Norvégien Amundsen, premier au pôle Sud en 1911, réussit en 1918-1920 le passage du Nord-Est à bord du Maud. Son récit, publié en 1921, ferme la porte que Robert Thorne avait entrouverte en 1527. Le lecteur de Phipps voit s'accomplir en Sibérie ce que le baron Mulgrave espérait au nord du Spitzberg.
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Jean Malaurie, Les Derniers Rois de Thulé (1950-1951)
En 1950, le géographe Jean Malaurie part seul pour le nord-ouest du Groenland, chez les Inughuit de la région de Thulé. Il vit avec eux, voyage en traîneau à chiens, partage la chasse et l'hiver polaire, recense les familles et les campements. En 1951, il découvre l'immense base aérienne que les Américains construisent en secret à quelques kilomètres des igloos. Son livre, paru en 1955, inaugure la collection Terre humaine. Deux siècles après Egede, un autre Européen observe un peuple groenlandais au moment où le monde extérieur fait irruption chez lui, mais il le fait en témoin inquiet, et non plus en missionnaire.
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Gwyn Jones, The Norse Atlantic Saga (1964)
L'historien gallois refait, document en main, tout le trajet de ce livre : des premières dérives vers l'Islande jusqu'aux camps du Vinland. Jones ne se contente pas de résumer les sagas ; il les confronte à la géographie, aux vents, aux courants, et propose des identifications prudentes pour Helluland, Markland et Vinland. Son récit, à la fois savant et limpide, sert de compagnon idéal à qui veut suivre les Norrois sur une carte réelle. C'est le pont le plus sûr entre la mémoire des sagas et le sol que foulent aujourd'hui les archéologues.
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Béatrice Collignon, Les Inuit, ce qu'ils savent du territoire (1996)
Cet essai de géographie, publié à Paris en 1996, décrit la manière dont les Inuit du Nunavut nomment, cartographient et habitent leur monde de glace. Il éclaire par contraste ce que ni Phipps ni ses successeurs européens n'ont su voir : la banquise n'est pas seulement une frontière, elle est un territoire habité, qui se lit et se parcourt par ceux qui y vivent.