Nos titres sur ce sujet
À lire aussi : récits et ouvrages sur le même thème
Récits et ouvrages autour de ce sujet, classés par date, pour situer nos titres. Un lien mène à une édition libre en ligne quand elle existe, ou à notre fiche lorsque l'ouvrage fait partie de notre catalogue.
-
Alexander Kinglake, Eothen (1834-1835)
En 1834, le jeune Anglais Alexander Kinglake quitte Belgrade et traverse à cheval les Balkans ottomans jusqu'à Constantinople, puis gagne Smyrne, Chypre, Beyrouth, Nazareth, Jérusalem et, à travers le désert, Le Caire où sévit la peste de 1835. C'est presque l'itinéraire de Mayr, à vingt ans de distance, avec les mêmes quarantaines et la même peur de la contagion. Eothen, paru en 1844, est écrit avec un humour désinvolte qui en a fait un classique. Le marchand suisse et le gentleman anglais partagent le refus de l'emphase et le goût de l'anecdote vécue.
Lire une édition libre → -
Alphonse de Lamartine, Voyage en Orient (1835)
À l'automne 1832, trois ans après Prokesch, Alphonse de Lamartine débarque à Beyrouth avec sa femme et sa fille Julia, puis gagne Jérusalem à cheval, escorté comme un prince. Il y cherche moins des preuves que des émotions : le Saint-Sépulcre, la vallée de Josaphat, le mont des Oliviers deviennent sous sa plume des méditations lyriques. Au retour, Julia meurt à Beyrouth, et le voyage se change en deuil. Le Voyage en Orient, paru en 1835, a fixé pour des générations l'image romantique de la Terre sainte. Le contraste avec Prokesch est net : là où le major autrichien relève, mesure et compare les textes, le poète contemple et se souvient.
Lire une édition libre → -
Alexandre Pouchkine, Voyage à Arzroum pendant la campagne de 1829 (1836)
Au printemps 1829, Alexandre Pouchkine part sans autorisation rejoindre l'armée russe du Caucase, en guerre contre les Ottomans. Au-delà de Tiflis, il croise un chariot qui ramène de Perse le corps du poète et diplomate Griboïedov, massacré à Téhéran quelques mois plus tôt. Il suit les troupes du général Paskevitch jusqu'à Arzroum, qui ouvre ses portes aux Russes, et repart quand la peste s'y déclare. Son Voyage à Arzroum, publié en 1836, est un récit sec et ironique, à rebours de l'Orient romantique qu'on attendait de lui. C'est la même guerre qui affaiblit la Porte pendant que Prokesch négocie avec le pacha d'Acre : deux voyageurs aux deux bouts de l'Empire ottoman, au même printemps.
Lire une édition libre → -
John Lloyd Stephens, Incidents of Travel in Egypt, Arabia Petraea, and the Holy Land (1837)
En 1836, l'Américain John Lloyd Stephens suit presque pas à pas la route de Laborde : Le Caire, le Sinaï, la forteresse d'Akaba, l'Ouadi Araba, Pétra. Il voyage sous l'habit d'un marchand du Caire et, à Akaba, la garnison réclame aussitôt le bakchich : on y garde le souvenir de la pluie d'or répandue dix ans plus tôt par Laborde, et Linant y est encore connu de tous. Au Caire, Stephens a d'ailleurs rendu visite à Linant avant de partir. Son récit, publié en 1837, vif et ironique, connaît un grand succès et le lance vers les cités mayas. Lire Stephens après Laborde, c'est voir la même route rendue plus chère par le passage du premier.
Lire une édition libre → -
Edward Robinson et Eli Smith, Biblical Researches in Palestine, Mount Sinai and Arabia Petraea (1841)
En 1838, le bibliste américain Edward Robinson parcourt la Palestine avec le missionnaire Eli Smith, arabisant accompli. Bible en main, boussole et ruban à mesurer dans les fontes, ils interrogent les villageois sur les noms arabes des lieux et retrouvent sous eux une foule de sites bibliques oubliés. À Jérusalem, Robinson repère au flanc du mur occidental l'amorce d'une arche antique qui porte aujourd'hui son nom. Ses Biblical Researches, publiées en 1841, fondent la géographie historique de la Terre sainte. Prokesch, neuf ans plus tôt, pratiquait déjà cette méthode d'officier topographe : relèvements au compas, mesure des remparts, discussion des textes anciens sur l'enceinte.
Lire une édition libre → -
Gérard de Nerval, Voyage en Orient (1843)
Neuf ans après Macbrair, Gérard de Nerval débarque à Alexandrie au début de 1843 et s'installe au Caire, où il loue une maison, achète une esclave javanaise et se fait conter la légende du calife Hakem. Il gagne ensuite Beyrouth et la montagne du Liban, au cœur des rivalités entre Druses et Maronites que Macbrair voyait déjà fermenter sous Ibrahim Pacha. Son Voyage en Orient, paru en 1851, mêle reportage, rêverie et récits enchâssés. Le contraste est complet : le poète cherche dans l'Orient un mystère à aimer, le missionnaire un peuple à sauver, mais tous deux décrivent la même ville grouillante, ses cafés, ses marchés et ses ruelles.
Lire une édition libre → -
Harriet Martineau, Eastern Life, Present and Past (1848)
Quatre ans après Ida Pfeiffer, l'Anglaise Harriet Martineau, déjà célèbre pour ses écrits d'économie politique, part à son tour vers l'Orient à la fin de 1846. Elle remonte le Nil jusqu'en Nubie, traverse le Sinaï, visite Pétra, puis Jérusalem, la Galilée et Damas. Comme la Viennoise, elle voyage en femme mûre, sans se laisser arrêter par les fatigues de la selle et des tentes. Mais là où Pfeiffer prie, Martineau raisonne : son livre fait des temples égyptiens et des lieux saints les étapes d'une histoire des religions, au point de scandaliser une partie de ses lecteurs. Deux femmes devant les mêmes pierres, deux manières de croire.
Lire une édition libre → -
Gustave Flaubert, Voyage en Orient (1849-1851)
Cinq ans après Thackeray, Gustave Flaubert et son ami Maxime Du Camp, chargé de photographier les monuments, débarquent à Alexandrie en novembre 1849. Ils remontent le Nil jusqu'à la deuxième cataracte, grimpent sur les Pyramides, puis passent par Beyrouth, Jérusalem, Rhodes, Smyrne, Constantinople et Athènes avant de rentrer en 1851. La plupart des escales orientales de Thackeray s'y retrouvent, mais vues par un homme qui fuit le pittoresque convenu autant que lui et cherche la sensation brute : la chaleur, la crasse, les almées, la mort. Ses notes et ses lettres, publiées après sa mort, ont la liberté d'un carnet intime. Le Saint-Sépulcre déçoit Flaubert comme il avait agacé Thackeray.
-
Richard Burton, Personal Narrative of a Pilgrimage to Al-Madinah and Meccah (1853)
Pendant l'été 1853, au moment où Énault s'embarque à Marseille, l'officier britannique Richard Burton, déguisé en médecin musulman venu d'Afghanistan, rejoint Médine puis La Mecque avec la caravane du pèlerinage. Deux pèlerinages du même été, aux deux pôles du monde méditerranéen : l'un, chrétien, ouvert, protégé par les consuls et la vapeur ; l'autre, interdit aux non-musulmans, accompli sous un faux nom au péril de la vie. Le récit de Burton, publié en 1855 et 1856, décrit les rites, les foules et les routes du Hedjaz avec une précision d'ethnographe et un goût marqué pour le danger.
Lire une édition libre → -
Ludwig August Frankl, Nach Jerusalem! (1856)
Trois ans après Énault, le poète viennois Ludwig August Frankl, secrétaire de la communauté juive de Vienne, gagne Jérusalem en 1856 pour y fonder une école moderne, la fondation Lämel. Son livre, paru en 1858, décrit de l'intérieur ce qu'Énault voyait du dehors : la vie des communautés juives de la ville, leur pauvreté, leurs querelles, leurs rapports avec les consuls et les autorités ottomanes. Le pèlerin catholique s'arrêtait au mur des Lamentations ; Frankl entre dans les maisons, les synagogues et les hospices, et donne à la Jérusalem de ces années un visage que les récits chrétiens laissaient dans l'ombre.
Lire une édition libre → -
Herman Melville, Journal of a Visit to Europe and the Levant (1856-1857)
À l'automne 1856, Herman Melville, épuisé par les échecs de Moby Dick et de Pierre, part seul pour la Méditerranée. Il découvre Constantinople, descend en Égypte où les Pyramides l'écrasent, puis débarque à Jaffa et passe plusieurs semaines en Palestine, de Jérusalem à la mer Morte, avant Beyrouth, la Grèce et l'Italie. Son journal, griffonné au jour le jour et publié seulement au XXe siècle, suit presque la route de Thackeray, mais dans une autre tonalité : là où l'Anglais plaisante devant le Saint-Sépulcre, l'Américain y trouve un désert spirituel. De ce voyage naîtra Clarel, long poème sur le doute religieux paru en 1876.
-
Lucie Duff Gordon, Lettres d'Égypte (1862-1869)
Atteinte de tuberculose, Lucie Duff Gordon part en 1862 chercher en Égypte un air plus sec et y passe les dernières années de sa vie. Elle s'installe à Louxor dans la « maison française » bâtie sur les toits du temple, apprend l'arabe, soigne les paysans, reçoit notables et coptes, et écrit à sa famille des lettres d'une liberté rare, publiées dès 1865. Elle y décrit la corvée, les impôts et les levées d'hommes qui écrasent les fellahs, comme Macbrair trente ans plus tôt sous Méhémet Ali. Mais là où le missionnaire voyait des âmes à gagner, elle voit des voisins et des amis, et l'on mesure à la lire tout ce que l'arrogance européenne laissait échapper.
Lire une édition libre → -
Mark Twain, Le Voyage des innocents (1867)
En 1867, Mark Twain embarque à New York sur le Quaker City avec une soixantaine de passagers pour l'une des premières croisières organisées vers l'Europe et la Terre sainte. Comme Énault, il voyage avec un groupe de pèlerins, de Jaffa à Jérusalem, du Jourdain à Nazareth ; mais là où le Parisien s'émeut, l'Américain se moque des guides, des reliques et de ses propres compagnons. Publié en 1869 sous le titre The Innocents Abroad, le livre devient le plus grand succès de son auteur de son vivant. Lu après Énault, il montre la même route sacrée vue par un œil sceptique, quatorze ans plus tard.
Lire une édition libre → -
Mark Twain, The Innocents Abroad (1867)
En 1867, Mark Twain embarque à New York sur le Quaker City pour l'une des premières croisières organisées : Gibraltar, Tanger, l'Italie, Athènes, Constantinople, Smyrne, Beyrouth, la Terre sainte et l'Égypte. C'est, vingt-trois ans plus tard, la croisière de Thackeray en version américaine, avec ses pèlerins pieux, ses voyageurs qui cassent des souvenirs sur les monuments et un narrateur qui refuse de s'extasier sur commande. Twain se glisse de nuit sur l'Acropole, marchande au bazar, s'agace des reliques de Jérusalem et contemple le Sphinx. Publié en 1869, le livre devient l'un des récits de voyage les plus vendus de son temps et prolonge, sur un ton plus bruyant, la satire du touriste.
Lire une édition libre → -
Edward Henry Palmer, The Desert of the Exodus (1871)
En 1869, l'orientaliste de Cambridge Edward Henry Palmer participe au relevé du Sinaï mené pour le Palestine Exploration Fund ; il repart ensuite avec le naturaliste Charles Tyrwhitt-Drake pour parcourir à pied, sans escorte, le désert de Tih, ce plateau calcaire que Laborde voyait border l'Ouadi Araba à l'ouest. Dix mois sous une petite tente, des inscriptions copiées dans les vallées, des nuits chez les Bédouins qui l'appellent Abdallah Effendi : The Desert of the Exodus, paru en 1871, cherche comme l'introduction de Laborde les traces de l'Exode dans le paysage, mais avec les instruments d'une science nouvelle. Le désert que Laborde longeait devient enfin un pays cartographié.
Lire une édition libre → -
Amelia B. Edwards, Mille milles en remontant le Nil (A Thousand Miles up the Nile) (1873-1874)
Romancière et journaliste, Amelia Edwards arrive en Égypte presque par hasard, en novembre 1873, pour fuir la pluie d'Europe. Elle loue une dahabieh et remonte le Nil au-delà d'Abou Simbel jusqu'à la deuxième cataracte, en dessinant tout ce qu'elle voit. Son livre, paru en 1877, mêle humour, érudition et indignation devant les monuments mutilés par les chercheurs de trésors et les visiteurs. Elle fondera en 1882 l'Egypt Exploration Fund, pour fouiller et protéger ce patrimoine. Macbrair avait vu les mêmes temples à Thèbes, Edfou et Philae ; quarante ans plus tard, Edwards montre ce que le tourisme naissant a fait de ce Nil des missionnaires et des pachas.
Lire une édition libre → -
Amelia B. Edwards, A Thousand Miles up the Nile (1873-1874)
Thackeray s'arrête au Caire et aux Pyramides ; la romancière anglaise Amelia Edwards, arrivée en Égypte presque par hasard à l'hiver 1873, va beaucoup plus loin. Sur une dahabieh, avec une amie et un équipage nubien, elle remonte le Nil jusqu'à Abou Simbel et la deuxième cataracte, dessine les temples, fait dégager des peintures ensablées et s'indigne des pillages. Son livre, publié en 1877, mêle la vie du bord, les paysages et une érudition qui grandit au fil des pages. Le voyage décide de sa vie : en 1882, elle fonde à Londres l'Egypt Exploration Fund.
Lire une édition libre → -
Laurence Oliphant, Haifa, or Life in Modern Palestine (1882-1885)
En 1882, l'écrivain et ancien diplomate britannique Laurence Oliphant s'installe à Haïfa, au pied du Carmel où s'achève le voyage d'Énault, et passe ses étés dans un village druze de la montagne. Ses lettres au New York Sun, réunies en 1887, décrivent la colonie allemande des Templiers, les premiers villages juifs, les couvents, les fouilles, les Druzes et les Bédouins. Là où Énault voyait une terre sacrée figée dans ses souvenirs bibliques, Oliphant observe un pays qui change, défriché, colonisé, convoité. Le Carmel des pèlerins devient chez lui un poste d'observation sur la Palestine moderne.
Lire une édition libre → -
Matilde Serao, Nel paese di Gesù (1893)
Quarante ans après Énault, la journaliste napolitaine Matilde Serao, cofondatrice du quotidien Il Mattino, fait à son tour le voyage de Terre sainte en 1893 et en tire une série d'articles, réunis en volume en 1898. Même métier, même foi catholique, même route vers Jérusalem, Bethléem et la Galilée. Serao écrit avec ferveur et avec un sens aigu de la scène, des foules et des couleurs, qui rappelle celui de son devancier. Les deux journalistes, le Parisien du Second Empire et la Napolitaine de la fin du siècle, composent un diptyque du pèlerinage vu par la presse.
Lire une édition libre → -
Pierre Loti, Jérusalem (1894)
Au printemps 1894, après avoir traversé le Sinaï à dos de chameau, Pierre Loti arrive à Jérusalem en pèlerin sans foi, venu chercher une émotion religieuse qu'il ne trouve pas. Il décrit, cinquante ans après Thackeray, le même Saint-Sépulcre encombré de sectes rivales, les mêmes foules de pèlerins, une ville grise sous la pluie, mais sur un ton de mélancolie fervente qui est l'opposé exact de l'ironie de l'Anglais. Publié en 1895, le livre forme avec Le Désert et La Galilée un triptyque oriental. Lire Loti après Thackeray, c'est mesurer comment le même lieu peut susciter la satire chez l'un et la ferveur nostalgique chez l'autre.
Lire une édition libre → -
Pierre Loti, Le Désert (1895)
Le 22 février 1894, Pierre Loti quitte les sources de Moïse avec une caravane de chameaux, monte au couvent du Sinaï et descend vers le golfe d'Akaba, décidé à suivre la route la plus longue, celle du désert de Pétra, justement parce que les guides lui conseillent de s'en détourner. À Akaba, l'administrateur ottoman lui ferme le chemin : les tribus de l'Idumée sont en rébellion, et Loti doit obliquer vers Gaza à travers le désert. Le Désert, publié en 1895, est un journal de lumières et de silences, tout en couleurs de sable et de granit. On y mesure ce que valait l'entrée à Pétra obtenue par Laborde à force de patience et de cadeaux.
Lire une édition libre →